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 e 04.04.2010 09h03
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LOIRE - AGRICULTURE
Les producteurs bio pour des alternatives aux pesticides

L’huile de neem est utilisée depuis des siècles par les Indiens comme antiparasitaire. En France, il est toujours interdit aux agriculteurs d’utiliser cette alternative bio.


Connaissez-vous le neem? Appelé aussi margousier, c’est un arbre originaire d’Inde. Ses graines, broyées, produisent une huile utilisée depuis des siècles par les Indiens. Comme cosmétique, mais aussi comme antiparasitaire.
Un antiparasitaire qui intéresse fortement l’agriculture biologique comme alternative aux pesticides chimiques, mais voilà, le produit est interdit en France. En fait, les choses sont davantage complexes. La vente d’huile de neem est autorisée en France, mais il est interdit d’indiquer son usage antiparasitaire et insecticide sur l’emballage. Et il est interdit aux agriculteurs de l’utiliser à cet usage, car aucune étude de mise sur le marché n’a été réalisée sur ce produit. Jean-Claude Juthier, producteur de fruits bio dans le Pilat en sait quelque chose, lui qui a subi les tracasseries des services de la protection des végétaux pour détention d’huile de neem. La Confédération paysanne, son secrétaire général André Bouchut, lui-même producteur dans les Monts du Lyonnais, en tête, soutient le combat de ces agriculteurs qui militent pour une autre forme d’agriculture, qui va à l’encontre de schémas élaborés depuis près d’un demi-siècle. Moins de productivisme pour plus de qualité et plus d’harmonie avec la nature, c’est cette alternative qu’ils ont présentée, hier, à Saint-Chamond. Devant un auditoire acquis à leur cause, ils ont expliqué ce que l’huile de neem, classée tout comme le purin d’ortie, dans les PNPP (préparations naturelles peu préoccupantes) pouvait apporter à l’agriculture biologique. Confrontée à ce qu’elle appelle des « impasses techniques », comme le puceron du pommier, ou le vers de la cerise, des préparations telles que le purin d’ortie ou l’huile de neem apportent une solution. Mais la France ne les reconnaît pas, alors que d’autres pays d’Europe les acceptent. Sans le recours à ces produits, indiquent les producteurs bio, plus aucun arboriculteur ne peut produire des pommes et vivre de son travail. Un comble, à une époque où la demande en fruits et légumes bio, et de proximité, y compris dans les cantines scolaires, n’a jamais été aussi importante. Cette démarche menée par la Confédération paysanne et plusieurs associations (1) a été hier largement soutenue par le maire de Saint-Chamond, Philippe Kizirian, des élus de la Région et de Saint-Etienne Métropole. Quant aux producteurs bio, notamment ceux regroupés au sein de l’ARDAB (association Rhône-Loire pour le développement de l’agriculture biologique), ils continuent à utiliser ces alternatives aux pesticides chimiques, dans la transparence, et assument leur position de « désobéissance civique ».
Christine Colomb
(1) ARDAB, ASPRO-PNPP, CORABIO, Nature et Progrès, Amis de la Terre

Le Progrès, mercredi 7 avril 2010, copie de l' article ci-dessous.

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